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L'OEIL SANS PAUPIERE
Telle
était la nuit solennelle, mêlée de caprice fantastique et d'une secrète
terreur, qui allait s'élever sur les collines de Cassilis. Imaginez un
terrain montagneux, qui ondule comme une mer, et dont les nombreuses
collines se tapissent d'une mousse verte et brillante ; au loin, sur un
pic escarpé, les murs crénelés d'un château détruit, dont la chapelle,
privée de sa toiture, s'est conservée presque intacte, et fait jaillir
dans l'éther pur ses pilastres minces, sveltes comme des branchages en
hiver et dépouillés de leur feuillage. La terre est inféconde dans ce
canton. Le genêt doré y sert de retraite au lièvre ; la roche paraît à
nu de distance en distance.
Référence : La bibliothèque électronique de Lisieux
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